Reflexions sociales et politiques du moment
La dette française est une addition des dettes accumulées par les déficits du budget, de celui des collectivités locales et de la Sécurité Sociale.
Celle ci doit être réduite parce qu'elle ne cesse de croître et réduit donc de plus en plus les dépenses régaliennes nécessaires, rend la France dépendante des « marchés », de la hausse très probable des taux d'intérêts (puisqu'ils sont au plus bas et qu'il y a abondance de capitaux avec la politique extrêmement accommodante des banques centrales) enfin rend impossible toute politique de relance raisonnée (c'est à dire qui ne viendrait pas encore aggraver une dette déjà excessive).
Cette masse de dette est anxiogène. Elle est un frein puissant à la réduction du pessimisme des français.
Cette apparente impossibilité de réduire cette dette depuis trop longtemps tend à nous donner le sentiment que les hommes politiques que nous nous choisissons sont incapables.
Cet état de fait est nuisible à la démocratie.
Négliger cette situation a un corollaire, elle fait le lit des extrémistes. Ces derniers peuvent même souhaiter que ces déficits se creusent et leur ouvrent ainsi une autoroute.
Les ajustements budgétaires peuvent ils réduire la dette ?
Les très sévères rigueurs grecque, espagnole ou même anglaise n'ont pas encore démontré qu'elles sont capables de réduire leur dette respective.
Étouffer l'économie a plusieurs conséquences néfastes dont celle de faire régresser les rentrées fiscales et de rendre encore plus difficile la réduction du déficit budgétaire. Sinon de renforcer encore la rigueur... Conséquence certaine : population sans espoir.
Nous ne savons pas en France si une rigueur sensible et durable paie car nous ne l'avons jamais expérimentée. Une majorité significative de français est convaincue que celle ci est nécessaire. Voici une des raisons d'être logiquement optimiste.
Chacun des 3 déficits doit être progressivement réduit puis éradiqué sauf circonstance spéciale et courte. Nos élus doivent se rappeler régulièrement qu'ils engagent la nation, qu'ils ne doivent pas être sous l'emprise des groupes de pression, des "lobbys", des chapelles ou même des idéologies.
Il restera toujours une proportion de grincheux plus ou moins hystériques pour tenter de s'opposer à cette nouvelle politique. Les hommes d'état savent ce qui importe pour le pays. Ils seront jugés à cela à n'en point douter.
Faut-il moratorier une partie de la dette ?
Plus de 20 ans d'erreur sont difficiles à effacer et des efforts soutenus sont indispensables pendant au moins 3 ans.
Un moratoire peut permettre de réduire le pessimisme et de rendre plus plausible le redressement indispensable.
Il serait cependant dangereux que cet éventuel moratoire vienne à autoriser les français et les représentants du peuple qu'ils se choisissent à retomber dans les affres d'une politique sans courage et sans hommes d'état.
La croissance est elle la seule solution ?
A l'évidence elle ne l'est pas car elle a pendant longtemps oblitéré la nécessité d'appliquer une politique courageuse.
Il est arrivé qu'un faible regain de croissance gonfle un peu les rentrées fiscales sur une période courte. Ceci a permis à certains de parler de cagnotte.
Nous rappelons ici que ce terme de cagnotte est inapproprié dans ce cas puisqu'il s'agit d'une faible et fugace réduction du déficit du moment.
Depuis des siècles, les rois et la représentation nationale semblent convaincus qu'ils doivent et peuvent faire trimer les français sans retenue. Ils en oublient régulièrement que ce peuple s'est à plusieurs reprises révolté contre une telle suffisance.
Argument supplémentaire s'il en est besoin la croissance constatée depuis plus de 20 ans dans les démocraties dites avancées n'a pas donné le sentiment à la majorité, qu'elle en avait profité. Pourquoi ?
croissance très forte du nombre des retraités
croissance de long terme du chômage dans certains pays
permanence d'un certain nombre d'assistés (qui ne sont pas seulement là où nous le croyons)
redistribution inverse du capital et des revenus (= croissance spectaculaire du niveau de vie d'une infime minorité en haut de l'échelle)
La croissance rend plus facile à supporter les indispensables ajustements mais elle ne résout pas tout. Loin s'en faut.
Si nous retrouvons une croissance durable, nous devrons réfléchir ensemble à ce que nous voulons en faire.
Tant d'errements passés ne peuvent se perpétrer.
D'un optimisme à venir.