Reflexions sociales et politiques du moment
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Entre ces 3 cases comportementales, où avons nous placé le curseur depuis 20 ans ? : à gauche toute.
Il est maintenant grand temps de le déplacer vers la droite.
Il nous faut en effet :
normer les niveaux maxi de rendements*
interdire la croissance des bénéfices distribués (en valeur absolue et en pourcentage) en cas de baisse des résultats
interdire le hors bilan pour toutes les sociétés ou au minimum pour les établissements financiers et d'assurance
normer le minimum de FP/ engagements
rendre les cabinets d'audits ct les agences de notation suffisamment indépendantes de ceux qu'ils auditent et notent
interdire les "stock options"
encadrer les montages de LBO : les "covenants" seront donc assortis de "garde-fous" du montage et l'accord final de celui ci inclura les représentants des salariés dans le tour de table décisionnel
normer un multiple maxi du salaire vital
que tous discutent de l'utilité des paradis fiscaux (pour qui, pourquoi)
Dans son livre "The trillion dollar meltdown", Public Affairs, 2008, Charles R. MORRIS avance 3 causes principales pour la crise que nous vivons :
la dérégulation complète ou la totale liberté laissée au capitalisme de marché pars les ? Chicago boys ? de la religion friedmanienne (du nom de l'économiste Milton Friedman)
la non régulation du crédit par le président de la Réserve fédérale de 1987 à 2006 Alan Greenspan qui même en pleine surchauffe de 2003 à 2005 a laissé les taux à 1% . (taux réels négatifs)
toujours cette dérégulation qui a laissé se créer un telle sophistication que ceux qui étaient auparavant chargés de réguler le système ne le comprenaient plus. Si bien que les banques sont devenues des spéculateurs et que les ratios prudentiels de rapport des fonds propres sur dettes ont éclaté.
Mais il y en a encore d'autres qui devaient nous sauter aux yeux :
le marché ne cessait de réclamer des rendements* de plus en plus élevés des fonds propres (quand on a frôlé 12% , certains ont voulu viser 15%, puis 20% voire plus encore)
le taux de distribution moyen des résultats des sociétés cotées était passé en 20 ans d'environ 25% à près de 50%
il était totalement anormal de distribuer des bonus à des dirigeants qui, avec des auditeurs que leurs firmes rémunéraient, pouvaient ajuster le résultat net (à court terme) de leur compte de résultat de l'année dont le niveau conditionnait leurs bonus.
la saine gestion des entreprises suppose que la part variable des rémunérations des commerciaux est fonction des rentrées effectives de leurs contrats. Cependant les courtiers des crédits "subprimes" touchaient une prime immédiate "pousse-au-crime" et sans préjuger des règlements effectifs des échéances.
On a monté des LBO tertiaires sur des entreprises, en revalorisant les cibles parfois tous les 2 à 3 ans, avec des multiples de valorisation de plus en plus astronomiques. Tout ceci en prenant pour hypothèse une future introduction en bourse particulièrement réussie. Et ces financiers parfois sans aucun scrupule de nous affirmer qu'il ne fallait voir que du bien dans les agissements des fonds... Ils prétendaient même pouvoir démontrer que, grâce à eux, l'emploi se développait.
Dans un marché dérégulé on a voulu nous faire croire que les rendements jamais vus du capital et les revenus d'une minorité devenus astronomiques n'avaient et n'auraient pas d'influence sur la bonne marche du reste de l'économie. Bref on a voulu faire croire que pouvaient cohabiter : les marchés sans entraves c'est à dire l'état de nature "parfait", l'extrême sophistication des instruments financiers de tous types et l'incapacité des prétendus régulateurs de les comprendre. Mais il suffisait d'inféoder ces derniers à ces princes de la finance. C'est ce qu'on fit.
Alors la crise est-elle une surprise ?
Non, mais elle est très violente pour les raisons suivantes :
mondialisation
excès précédents non traités (bulle Internet, 1ière crise des ? subprimes ?) n'avaient jamais été abordés de front de peur d'avoir à réguler (cf idéologie de l'ultra libéralisme)
croissance permanente des dettes
insuffisance criante des provisions (cf bilan d'AIG et des banques), qui dans le cas d'AIG si elles avaient été passées auraient, semble-t-il, annihiler les gains !