Reflexions sociales et politiques du moment
Le dilemme du prisonnier
L'idée qu'on se portera mieux en poursuivant son intérêt propre est ébranlée par l'analyse de situations où intervient ce qu'on appelle le dilemme du prisonnier.
Dans l'une de ses formes les plus parlantes, la question est de savoir si je vais dénoncer mon complice.
2 suspects sont arrêtés par la police. Ils sont placés dans 2 pièces différentes et confrontés à l'offre suivante : « Si tu dénonces ton complice et qu'il ne te dénonce pas, tu seras remis en liberté et l'autre écopera de 10 ans de prison. Si tu le dénonces et lui aussi, vous écoperez tous les 2 de 5 ans. Si personne ne se dénonce, vous aurez tous les deux 6 mois. »
Chacun des prisonniers réfléchit à la réaction possible de l'autre :
- « S'il me dénonce: 1. Si je me tais, je ferai 10 ans de prison; 2. mais si je le dénonce, je ne ferai que 5 ans ».
- »S'il ne me dénonce pas: 1. Si je me tais, je ferai 6 mois de prison; 2. Mais si je le dénonce, je serai libre ».
Conclusion : « Quel que soit son choix, j'ai intérêt de le dénoncer. »
Si chacun des complices fait ce raisonnement, les 2 vont probablement choisir de se dénoncer mutuellement, ce choix étant le plus rationnel. Et ils écoperont de 5 ans de prison chacun.
S'ils étaient tous 2 restés silencieux, ils n'auraient écopé que de 6 mois chacun.
Contrairement à ce qu'enseigne la théorie économique classique, il en suffit donc pas que chacun poursuive sont intérêt individuel pour que le résultat soit optimal.
Source : Books n°1, décembre 2008