Reflexions sociales et politiques du moment
Automatisation des outils de production en cours
Le volume d'emploi des hommes et des femmes est-il affecté ?
Faut il taxer plus les robots ?
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Indicateur principal pour apprécier la substitution du travail par le capital : l'évolution de la productivité par employé et par heure.
| par an / en France | de 1960 à 1970 | de 1990 à 2000 | de 2010 à 2020 |
| Evol. moyenne de la productité | 6,2% | 2% | 1% |
Source : INSEE (France)
Croissance du chômage de masse mais baisse de la productivité donc il n'y a pas de relation claire en France entre ces 2 faits avérés et ce au cours de périodes récentes.
Nouvelle preuve de ceux que nous venons d'avancer :
Pour une production d'une valeur de 100€ : il fallait 34€ de machines et 3€ de logiciels soit 37€ en 1981. En 2015, il fallait 27,5€ de machines et 6,50 € de logiciels c'est à dire 34€ en tout.
Source : INSEE (France)
Pour obtenir 100€ de recette il faut probablement un peu moins investir qu'il y a une trentaine d'année. Nécessité d'avoir en fait plus de logiciels informatiques et de plus en plus sophistiqués.
La France est-elle plus ou moins robotisée que les autres ?
Dans les services (banques, commerces...) le pays semble bien équipé. Pour preuve la productivité élevée constatée.
Dans l'industrie nous souffrons de beaucoup de retard selon les chiffres suivants :
| Industrie française | Industrie allemande | Industrie de Corée du Sud | |
| Nombre de robots / 100 000 habitants | 126 | 300 | 500 |
Source : Fédération Internationale de la Robotique
Ce retard dans l'industrie est une des conséquences en France de l'investissement insuffisant et ce depuis longtemps.
Automatisation et emploi sont-ils antinomiques ?
A court terme il semble évident que l’achat d'un robot aspirateur peut avoir pour but de faire moins appel à du personnel de ménage et donc de raréfier l'emploi. Toutefois à moyen et long terme au niveau plus global, c'est moins évident ….
A ce sujet nous pouvons affirmer que depuis l'histoire des canuts de Lyon la polémique fait rage et a été relancée récemment par des études aux chiffres contradictoires.
Selon l'OCDE 9% des emplois sont menacés par la digitalisation à une certaine échéance. Le Conseil d'Orientation pour l'Emploi a une appréciation chiffrée similaire (cf «Automatisation, numérisation et emploi"».
Tandis que l'étude « The Future of Employment : how susceptible are jobs to computerisation » de C.B. Frey et M.A. Osborne s'attend à 47% de disparition d'emplois....
De toute manière les logiciels indispensables et les machines associées devront être imaginés par des femmes et des hommes qui s'emploient et s'emploieront à leur conception.
La France est bien placée pour concevoir et produire les logiciels en question.
Sachant que la substitution capital-travail permet de produire à faible voire très faible coût, ceci entraîne une déflation manifeste de certains produits.
Ce dernier facteur a pour conséquence une demande accrue parce que l'élasticité prix- demande existe clairement dans ce domaine.
Alfred Sauvy appelait ce processus un « déversement » quand :
Après la « révolution numérique » quelle activité pourra prendre le relais ? Il n'est jamais facile d'imaginer le futur mais nous pouvons sans risque croire que les besoins sociaux de toute nature existent toujours.
De taxer ou non les machines
En France la commercialisation et l'usage des machines comportent bien sûr et déjà un certain nombre de « taxes » sous forme de prélèvement dits sociaux, contribution à l'impôt sur les sociétés etc....en outre la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) ponctionne ces dernières quand elles sont à intensité capitalistique élevée.
Nous avons vu que l'investissement productif des entreprises établies en France est à la traîne depuis longtemps, qui a pour conséquence la désindustrialisation de nombreux ex-bassins d'emploi qui ont tant de mal à lutter contre la concurrence étrangère. Dans un monde global il faut automatiser les productions, sans le moindre doute.
Taxer plus les machines présente une erreur de raisonnement :
Seul le travail réellement humain apporte une vraie valeur, il n'est pas bon en France de taxer plus nos machines.
Source : extrait de « Faut-il taxer les robots » de Guillaume DUVAL in Alternatives économiques n°365 février 2017