Reflexions sociales et politiques du moment
Après le(s) siècle(s) des lumières, trop nombreux ceux qui s’efforcent de nous plonger à nouveau dans les ténèbres. Les théories du complot quasi permanent sont la face non avouée d’une nouvelle idéologie.
Comment fonctionne-t-elle ?
Par la désignation de faciles boucs émissaires : cathares, juifs, franc-maçons, élitistes mondialisés, scientifiques téléguidés, financiers tous inutiles et sans scrupules, étrangers.....
Par la remise en cause de données scientifiques avérées.
La désignation de sombres dessins cachés par des minorités agissantes.
De prétendus trucages généralisés de décomptes de votes démocratiques.
Par des affirmations péremptoires non étayées par des données complètes indiscutables.
Quels ressorts sous tendent cette nouvelle idéologie ?
La frustration de ne pas faire partie des «castes» au pouvoir, l’expression de choix libertariens, la manifestation d’individualismes forcenés et l’attrait du morbide.
Préférence pour un style de pensée intuitif, accompagnée d’une propension à tirer des conclusions hâtives.
Desseins de cette nouvelle idéologie ?
Instaurer une dictature inspirée ou dirigée par les complotistes en remettant en cause la véracité des réflexions et études scientifiques. Il s’agit de purifier la société pour faire comme si elle puisse être incréée. L’auteur turc Moris Fahri dans «Un jour le monde sera réparé» décrit un monde sous l’emprise d’une dictature parfaite...
Selon l’historienne Marie Peltier, auteure de "L'ère du complotisme", il ne faut pas oublier que les théories complotistes sont des outils, utilisés par des acteurs idéologiques. "Historiquement, le conspirationnisme est quand même très fortement lié à l'histoire de l'extrême droite, mais aussi à certains groupes de la gauche radicale ou à des acteurs de propagande de régimes autoritaires."