Reflexions sociales et politiques du moment
«Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes minoritaires». Nous nous souvenons de l’adresse parlementaire d’André Laignel à Jean Foyer. Quand le premier semblait laisser entendre que la minorité a toujours tort, c’est en tout cas ce que beaucoup ont retenu.
Cette assertion juridiquement exacte semble nier tout droit aux minorités, à tel point qu’elle signifierait une forme de dictature sous prétexte d’une doxia majoritaire parfois mue par l’instinct grégaire.
S’il en est ainsi, par exemple une expression sonore excessive générée par la majorité - pouvant être légitimement considérée comme une agression - qui ferait l’objet d’une demande exprimée par la minorité de la modérer, se verrait refuser cette modération par la dite majorité.
Il faut cependant faire droit aux minorités selon les propos réfléchis d’Albert Camus : « La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité ». La liberté doit s’arrêter là où commence celle des autres.
Il s’agirait donc d’un déni de justice à faire fi du souhait exprimé par la minorité de refuser la dite agression. Et la majorité de s’ériger de facto en dictateur au moins sur ce point.