Reflexions sociales et politiques du moment
Il faut 9 mois pour qu'un cerveau humain se fabrique, avec ses 100 milliards de neurones et son million de milliards de synapses. Dans cette période l'environnement joue un rôle décisif. Les pesticides, les métaux lourds, le stress, l'alcool, les antidépresseurs, l'alimentation: tous ces éléments peuvent l'impacter.
Parfois l'autisme peut s'expliquer par les conditions de vie et non par une fatalité génétique. La future mère doit être protégée; et l'accouchement naturel privilégié.
Dans l'écrasante majorité des malades atteints de Parkinson, d'Alzheimer ou de schizophrénie, aucune mutation génétique n'est impliquée.
1 embryon apprend à partir de ce que fait et vit sa mère, au-delà des gènes.
Un attachement se noue entre la mère (ou celle d'intention) et l'enfant au travers de la production d'ocytocine maternelle. Si vous séparez un souriceau de sa mère pendant seulement 30 minutes, cet éloignement a des effets à très long terme, avec des problèmes d'adaptation sociale et le développement de syndrome de type « autistique ». Si l'enfant est choyé dès sa naissance, il n'y a pas de raison qu'il subisse des séquelles importantes et ne grandisse pas comme les autres bébés.
Dans le cortex cérébral on trouve des couches de cellules qui se superposent à la manière des étages d'un immeuble. Chaque cellule doit atteindre le bon étage, et, normalement, elle sait où elle doit aller. Mais il arrive qu'elle se trompe. De nombreuses maladies neurologiques et psychiatriques sont liées à des désordres migratoires in utero. Dans 30 à 40% des épilepsies infantiles comme dans l'autisme, il y a des ensembles de cellules déplacées. J'ai proposé le concept de neuro-archéologie selon lequel des neurones mal logés dits « immatures » sont la source de ce que l'on appelle l'autisme. Il faut trouver des médicaments qui bloquent des cellules immatures, sans en impacter d'autres. Cette approche est plus modeste dans ses buts que la thérapie génétique, mais plus réaliste. Et c'est tant mieux (ajout du rédacteur du présent blog).
1 sirop a permis à des centaines d'enfants atteints de ce problème d'être plus présents avec leurs proches, d'avoir moins de troubles comportementaux. Nous en sommes à la phase 3 d'un essai de niveau mondial. Si les résultats sont satisfaisants, nous aurons mis au point le 1ier traitement mondial contre l'autisme pédiatrique. Il n'y aurait pas à proprement parler guérison mais le sirop aura permis de faire taire les cellules qui n'ont pas mûri. Il faudrait alors faire prendre le sirop régulièrement et lui associer des thérapies comportementales du 1ier âge.
Extrait de «Je ne circule pas sur l'autoroute des savoirs balisés » in l'Express du 8 janvier 2020. Interview du neurologue Yehezkel Ben-Ari